"Le football vient tout juste de commencer pour moi. Il me reste donc beaucoup de rêves à accomplir", annonçait Isco à tout juste 17 ans dans un entretien accordé à FIFA.com. L'Espagne venait de s'incliner contre l'hôte nigérian en demi-finale de la Coupe du Monde U-17 de la FIFA 2009. Coup dur pour le talentueux milieu de terrain de Málaga, qui trois jours plus tard cependant, permettra à la Rojita de battre la Colombie dans le match pour la troisième place en inscrivant le seul but de la partie.
Les rêves en question, Francisco Román Alarcón - son nom complet - en a déjà réalisé plusieurs, et ce à un rythme vertigineux. Un an après sa première aventure mondialiste, il débute en première division avec le FC Valence. Le club levantin, conscient du potentiel énorme de l'enfant, l'a recruté à l'âge de 14 ans. Jusque-là, Isco avait porté les couleurs de l'équipe de son quartier, l'Atlético Benamiel. Mais son éducation footballistique, c'est à la rue qu'il la doit en premier lieu. "Quand j'étais petit, les voisins me connaissaient parce que j'allais partout avec mon ballon. C'est là que j'ai grandi, dans la rue. Ça a été ma principale école."
À l'été 2011, Isco rentre au pays pour signer à Málaga, le club qu'il supportait dans son enfance. Là, sous la direction du Chilien Manuel Pellegrini, qui n'a pas hésité à donner les clés de l'entrejeu à un joueur de 19 ans, il s'impose vite comme l'un des joueurs les plus prometteurs en Espagne. La progression d'Isco est telle que Vicente del Bosque convoque le phénomène à plusieurs reprises chez les seniors espagnols, avec lesquels il a débuté récemment, en amical contre l'Uruguay. Il est entré en jeu à la pause, en lieu et place d'un joueur qu'il admire, Andrés Iniesta.
Beaucoup ont vu dans ce remplacement un symbole de l'avenir en Espagne, les points communs entre Isco et le milieu du Barça étant nombreux : même facilité à trouver des espaces sur le terrain, technique individuelle prodigieuse, vision du jeu et faculté d'éliminer les adversaires avec élégance et le ballon collé au pied. Si le joueur de Málaga a le numéro 6 de la Roja comme référence, Iniesta avoue lui-même suivre de près les progrès de la jeune perle.
Continuer d'écrire l'histoire
Lors de sa première saison à Málaga, le milieu de terrain a été la vraie révélation de la Liga, à tel point qu'à la remise des récompenses pour l'année 2012, il a obtenu le prix Golden Boy, qui distingue le meilleur espoir européen et a précédemment été décerné à des joueurs comme Lionel Messi ou Wayne Rooney. Depuis, Isco continue de progresser de match en match. L'un de ses coéquipiers dans le secteur offensif du club andalou, Joaquín, assure même qu'il "marquera une époque dans le football espagnol".
Pour le moment, avec trois buts et trois passes décisives en sept rencontres, le milieu de terrain joue un rôle essentiel dans l'excellent parcours de Málaga pour ses débuts en Ligue des champions de l'UEFA. Son but contre Porto en huitième de finale retour a été particulièrement important. Roque Santa Cruz l'a qualifié de "merveilleux". Les deux hommes ont marqué les deux buts qui ont propulsé leur équipe en quart de finale.
Mais ni Isco ni Málaga ne veulent se contenter de ce qu'ils ont obtenu jusqu'ici. "C'est un rêve pour tout le monde, on n'a jamais connu ça ici", affirme Isco en référence au fait que les Boquerones, éternels candidats à la descente en deuxième division espagnole, n'ont jamais eu l'occasion de se retrouver parmi l'élite du football européen. Et pourtant, c'est ce qu'ils ont la possibilité de faire après le match nul 0:0 obtenu devant leur public contre le Borussia Dortmund, en quart de finale aller.
À cette occasion, Lukasz Piszczek avait exercé un marquage très serré sur Isco. À Dortmund, tout le monde connaît les qualités du jeune prodige espagnol. Par conséquent, pour le match retour, l'entraîneur Jürgen Klopp devrait une nouvelle fois adopter un dispositif permettant de neutraliser Isco. "Il a un énorme talent naturel. Il est vraiment fort", reconnaît le milieu allemand Marco Reus.
Comme toujours, le Signal Iduna Park sera un véritable chaudron, en particulier avec la pression exercée par le fameux "mur jaune" que forme la tribune sud. "L'ambiance dans le stade est une chose, mais le football appartient aux footballeurs", assure Isco. Et il appartient à lui seul de poursuivre ses rêves, en l'occurrence atteindre le dernier carré de la Ligue des champions de l'UEFA.

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